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Echec vaccinal, un nouveau revers pour la lutte contre le VIH
Sidanet, 2007, 4(9) : 1054
Mercredi 26 septembre 2007
L'annonce de l'interruption d'un essai vaccinal contre le VIH, jusque là considéré comme l'un des plus prometteurs et des plus avancés, a porté un sérieux coup aux efforts internationaux de lutte contre la pandémie.
Le développeur du vaccin, le laboratoire américain Merck, a annoncé le 22 septembre qu'il mettait un terme au recrutement et à la vaccination de volontaires, dans le cadre de cet essai financé par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH), aucune preuve n'ayant permis d'affirmer que ce vaccin réduisait les risques de transmission du VIH ou limitait la gravité de l'infection chez les bénévoles ayant été infectés au cours de la période des essais cliniques.

Ces données proviennent d'essais cliniques de phase II menés depuis le mois de décembre 2004 en Amérique du Nord et du Sud, dans les Caraïbes et en Australie. Les bénévoles étaient pour la plupart des hommes homosexuels et des travailleurs du sexe, soit des populations considérées comme à risque d'infection.

Sur les 741 personnes ayant reçu au moins une dose du vaccin, 24 cas d'infection au VIH ont été constatés après une période de 13 mois. Et sur les 762 autres personnes ayant reçu un placebo, 21 cas d'infection ont été relevés. En outre, le vaccin ne permet pas non plus de réduire la charge virale dans le système sanguin des personnes ayant été infectées au cours des essais.

Une autre étude de phase II sur ce vaccin, qui avait commencé à recruter des volontaires en Afrique du Sud au début de l'année, a également été interrompue. Pour ces essais, appelés « Phambili », 700 bénévoles avaient déjà été recrutés et avaient reçu trois injections du vaccin.

Dans les media locaux, le docteur Glenda Gray, de l'unité de recherche périnatale du VIH à l'Université de Witwatersrand (PHRU), à Soweto, qui supervisait les essais cliniques en Afrique du Sud, a souligné que le vaccin n'aurait aucune conséquence sur la santé des volontaires, car des études préalables avaient démontré la sécurité du vaccin.

Cependant, selon une citation publiée dans un journal local, Manto Tshabalala-Msimang, le ministre sud-africain de la Santé a dit craindre que ces essais cliniques n'aient été effectués « à la hâte » et ne puissent mettre en danger la vie des volontaires.

Le vaccin s'inscrivait dans le cadre d'une nouvelle catégorie de vaccins anti-VIH sur lesquels les scientifiques avaient fondé leurs espoirs, les méthodes traditionnelles précédemment utilisées n'ayant donné aucun résultat.

Ainsi, pour ces essais cliniques, les chercheurs avaient utilisé un virus du rhume atténué, auquel ils avaient adjoint trois gènes synthétiques du VIH, censés entraîner une réponse du système immunitaire, une fois exposé à la vraie maladie.

Bien que les résultats préliminaires aient prouvé que le vaccin favorisait une réponse du système immunitaire, un Comité de surveillance des données sur l'innocuité a découvert que le vaccin ne protégeait pas des nouvelles infections.

Les conséquences de ces résultats pour les autres vaccins adoptant des démarches semblables ne sont pas encore connues.

« Les résultats sont très décevants pour nous tous qui avons participé à la recherche d'un vaccin anti-VIH », a déploré le docteur Gray, dans une déclaration publiée par le laboratoire Merck. « La communauté scientifique doit continuer sa course et trouver un vaccin qui puisse aider à constituer une génération future sans sida ».
France
Date de publication : Mercredi 26 septembre 2007